Et si on parlait des pleurs du nourrisson?

Les pleurs du nourrisson: un vaste sujet qui n'a pas fini de faire couler de l'encre ni d'alimenter vos repas entre amis. Alors entre coliques, caprices, bébé modèle ou petit monstre qu'en est-il?

Cet article n'a pas la prétention de donner la vraie raison ni surtout la vraie solution au pleurs de vos petites têtes blondes, mais de présenter un état des lieux de ce que l'on sait, d'ouvrir des pistes de réflexion.

De quoi parle-t'on exactement?

Les pleurs des nourrissons sont extrêmement courants, dans les sociétés occidentales, on estime que 10 à 30% des nourrissons de moins de 4 mois pleurent de manière excessive ou prolongée.

On retrouve certaines caractéristiques de ces pleurs des premiers mois survenant chez des enfants normaux:

*La quantité moyenne d'agitation et de pleurs a tendance à augmenter à partir de la deuxième semaine de vie, elle culmine au cours du deuxième mois, puis elle diminue et se stabilise vers l'âge de quatre cinq mois.

*Les pleurs prédominent en fin d'après-midi et dans la soirée.

*Les crises sont inopinées et imprévisibles, les pleurs débutant et s'arrêtant sans raison apparente et sans aucun rapport avec quoi que ce soit (alimentation, couche sale, tentative d'apaisement) dans l’environnement.

*Ces accès de pleurs sont difficiles à apaiser et parfois inconsolables.

*Le nourrisson semble souffrir, son faciès et son attitude expriment la douleur, même s'il ne souffre pas.

Ces caractéristiques concernent les enfants au biberon comme ceux au sein et peuvent se produire même quand les soins parentaux semble adéquats.

La grande majorité des nourrissons qui pleurent ou ont des "coliques" se développent normalement. C'est un phénomène passager qui s'atténue de manière significative après le 3ème ou le 4ème mois, coïncident avec d'importants changements dans le développement psychomoteur, et qui n'a pas de conséquence à long terme.

Et dans tout ça, pourquoi parle-t'on de coliques?

Ces pleurs inexpliqués, excessifs ou prolongés sont généralement désignés par le terme de "coliques", ce qui donne l'idée d'un problème d'origine organique. Or la grande majorité des nourrissons qui pleurent ou ont des "coliques" n'ont aucune maladie (seuls moins de 5% de ces bébés auraient une maladie à l'origine des pleurs). Le terme "colique" n'est en fait qu'une façon de décrire les pleurs et même si cela est illusoire, il serait sans doute préférable de renoncer à l'utiliser.

Ce qui explique aussi pourquoi tout le monde connais "quelque chose qui a marché" dans les coliques d'un nourrisson en particulier, mais aucun traitement n'a vraiment fait la preuve de son efficacité, car ce n'est pas une maladie.

Pour aller plus loin

Dans toutes les espèces de mammifères, la recherche de proximité avec l'adulte est fondamentale pour les petits et ils présentent des signes de détresse évidents lorsqu'ils s'en trouvent séparés. Or le petit bébé humain a peu de capacités pour se débrouiller seul, contrairement à d'autres mammifères il ne sait pas marcher par exemple.

Les pleurs fonctionnent avant tout comme un signal dont le rôle principal est d'attirer l'attention de l'adulte qui s'occupe du bébé afin de répondre à ses besoins physiologiques et aussi à celui de créer des liens d'attachement. Le petit nourrisson ne peut satisfaire seul ses besoins mais il possède un puissant moyen de communication qui lui permet d'attirer l'attention de personnes qui sont programmées pour y répondre.

Les croyances populaires continuent de se représenter les pleurs de la prime enfance comme "manipulateurs" ce qui justifie qu'on les ignore tant qu'ils n'atteignent pas un certain seuil ou une certaine durée. Pourtant, les pleurs sont un signal dont la production est très coûteuse sur le plan du métabolisme et ce d'autant plus qu'ils sont intenses et prolongés. Les enfants les plus faibles et les plus vulnérables n'ont pas la capacité de pousser des cris puissants ou continus car c'est encore plus coûteux pour eux. Il est donc probable que les pleurs de premiers mois sont un signal "honnête", et ils devraient être perçus comme tels et pas comme la manifestation d'un enfant capricieux qui "persécute" son entourage. Il s'agit d'un comportement sélectionné par l'évolution, inconscient et non intentionnel.

Alors que faire?

Même s'il est normal qu'un bébé pleur, bien sûr si l'on est inquiet, consulter son médecin ou sa sage-femme pour éliminer tout maladie à l'origine de ces pleurs.

Répondre aux pleurs de son enfant, manifester qu'on a pris en compte sa demande: aller le voir, le porter, lui proposer à manger, s'assurer de son confort... sans pour autant être certain que l'on va pouvoir le calmer, le faire taire. Peut être que rien ne marchera, ce qui ne veut pas dire que vous êtes de mauvais parents.

Et répondre comme on peut à ses pleurs, si rien ne marche et que cela crée des tensions en vous, mieux vaut laisser l'enfant pleurer dans un environnement sécurisé plutôt que d'être tenté de le secouer, ce qu'il ne faut surtout jamais faire.

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